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Les matières textiles – Comment faire le tri ?

Parce que nous consommons 400% plus de vêtements et donc de tissus qu’il y a 20 ans *, nous avons décidé de nous interroger sur cette offre surabondante de matières et de tissus, leurs qualités, leurs inconvénients, leur potentiel à être durables et à faire partie intégrante d’une réflexion autour d’un dressing réfléchi, maîtrisé

Un tissu, bien loin d’être un simple bout de chiffon, se révèle très complexe tant au niveau des étapes de conception, de fabrication, qu’au niveau de sa composition…. Et cela commence dès le choix de sa matière !

Quand on prend le temps de se pencher sur le choix de la matière, on se rend vite compte que certaines informations nous semblent certes familières pour les avoir déjà rencontrées mais néanmoins peu parlantes, floues, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’abréviations.

Comment s’y retrouver et faire le tri parmi toutes les matières qui composent nos tissus ? Comment faire le bon choix durable, responsable et sain pour moi, pour les autres ?

Il se cache décidément bien des choses derrière une simple étiquette de composition. Afin de faire le choix juste, il nous semble évident de commencer par le choix des matières d’un tissu car, pour qu’un tissu prenne vie, il nous faut de la matière, que celle-ci provienne de la nature ou de l’industrie pétrolière.

En 2007, 58% des fibres textiles produites étaient des fibres chimiques synthétiques (environ 42.8 millions de tonnes) contre 36% de fibres naturelles végétales (environ 26.4 millions de tonnes), le restant étant partagé entre les fibres chimiques artificielles et les fibres naturelles animales (très minoritaires par rapport aux 3 autres groupes).

Aujourd’hui, les fibres chimiques synthétiques représentent beaucoup plus de parts dans la production mondiale qu’il y a 9 ans, pour des raisons de coût – elles sont très bon marché – et de facilité d’entretien.

Nous pouvons classer les fibres en 2 catégories principales :

  • les fibres naturelles, qui existent sous forme brute
  • les man-made fibers ou fibres transformées ou obtenues par l’homme à l’aide de traitements chimiques, créées pour imiter les fibres naturelles sans leurs inconvénients et à moindre coût

Parmi les fibres naturelles, nous pouvons retrouver les fibres :

  • d’origine végétale : coton, lin, chanvre, jute, ramie, …
  • d’origine animale : laine, soie, …

Des fibres qui nous semblent si familières et pourtant, nous le verrons dans les prochains articles, elles nous réservent quelques surprises…

Pour les man-made fibers, les choses se compliquent légèrement car celles-ci sont opaques à notre connaissance :

  • les fibres artificielles de type cellulosique (viscose, cupro, Lyocell, tencel, Modal, …) et de type protéiniques (fibre issue du soja, fibre issu du maïs, caséine de lait, …)
  • les fibres synthétiques comme le polyester (PET), le polypropylène (PP), le polyamide (PA), l’élasthanne (EL), l’acrylique

Que sont-elles ? Comment sont-elles obtenues ? Quels avantages et quels inconvénients ? Le mystère qui les entoure est présent mais n’empêche nullement le monde de s’habiller très majoritairement avec elles.

Lors de la réunion à laquelle j’ai participé dans le cadre du Programme Futurs Immédiats, j’ai eu la surprise de découvrir une étude menée par le cabinet environnemental Brown & Wilmanns qui a permis la classification des matières selon 5 critères majeurs :

  • toxicité pour l’homme : du producteur et du consommateur
  • dégradation de l’environnement
  • dégagement de CO²
  • consommation d’énergie (MJ/kg de fibre)
  • consommation d’eau (kg d’eau/kg de fibre)

étude menée uniquement sur la production des fibres textiles avant tissage et ennoblissement.

Pourquoi surprise ? Parce que j’ai été conforté dans ce que je savais déjà et j’ai aussi appris quelques petites choses, ce qui m’a donné envie de me documenter plus en avant et de creuser la question… puis de partager tout ceci avec vous.

Vous trouverez ci-après le diagramme rendant compte de ce classement sous forme d’étiquetage environnemental très lisible (comme sur la machine à laver en magasin) : E étant le plus fort et mauvais impact environnemental et A le plus faible.

Quels choix chez Amandine Cha – Les Trouvailles d’Amandine ?

Au regard de ce diagramme, nos tissus sont notés B. Bon choix, mais peut mieux faire, c’est évident. Oui, mais, revenons un petit peu en arrière en 2010 lorsque nous avons mis en place la filière française certifiée GOTS. Il n’existait alors pas de lin biologique certifié GOTS, encore moins de chanvre biologique et les R&D pour les fibres recyclées étaient à leur balbutiements… Pour ne pas rester témoins, pour prendre nos responsabilités et agir, nous avons alors fait le choix du coton biologique avec ses avantages et avec ses inconvénients, mais en prenant en compte à chaque instant l’impact environnemental et social de notre production. Solution qui nous paraissait et nous paraît la meilleure jusqu’alors au regard des possibilités d’approvisionnements en matières biologiques certifiées et des contraintes techniques auxquelles nous sommes soumis. Solution qui n’est cependant pas un aboutissement ni un idéal – et nous y travaillons chaque jour – mais une étape vers le tissu durable de demain. Il s’agit pour nous d’un 1er pas nécessaire pour le textile propre qui reste à construire !

Amandine

* Source Documentaire True Cost Movie

3 Comments

  1. Flo Flo

    Le coton conventionnel, moins bon élève que le polyester? Me voilà fort surprise. Je sais qu’il est gourmand en eau mais classé E?! J’imagine que si on considère la note global, en fin de vie, il est tout de même mieux qu’un polyester (cf. Le problème de pollution par le lavage évoqué dans un autre article).
    Quznd à la visose de bambou, jai deux serviettes de bain en bambou/coton, c’est la bagarre pour les avoir à la sortie du bain tant elles sont douces meme sans adoucissant… c’est bien dommage de savoir que ce n’est pas une bonne matière du point de vu écolo. C’est comme manger des bonbons, on sait que c’est pas terrible, c’est dur de résister…

  2. Bonjour Amandine,
    Merci pour cet article qui m’aide beaucoup !
    Qu’en est-il du polyester recyclé comme pour les produits Patagonia par exemple ?
    Ce n’est pas une fibre recyclée n’est-ce pas ?
    Merci pour ta réponse.
    A bientôt
    Milène

    • Tiphaine - Les Trouvailles d'Amandine Tiphaine - Les Trouvailles d'Amandine

      Bonjour Milène,
      le polyester recyclé est fait à partir de bouteilles ou autres plastiques, il ne s’agit pas de fibres textiles recyclés. Les textiles en polyester ne sont, eux, pas recyclables. Une polaire en polyester issue du recyclage de bouteilles plastiques n’est pas recyclable. Tous les plastiques ne sont, au mieux, recyclables qu’une seule fois et mettent entre 100 et 400 ans à disparaitre, en fonction du type de plastique.
      J’espère avoir répondu à ta question,
      Bonne journée,
      Tiphaine

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